MARSWALKERS

In Between

installation vidéo _ 2004
Crée In Situ pour / Created in situ for WithoutBorders#1, festival d’Art Contemporain d’Ayers Island, Maine.

Lire un essai de / read an essay by Margot Salsmann

In Between est une installation vidéo dans laquelle les spectateurs sont confrontés à une illusion d’optique, créée par un dispositif leur donnant à voir les images de personnages fantomatiques évoluant dans un espace physique: ils voient en volume ce qui ne sont en fait que des images vidéo. L’illusion fonctionne sur un principe simple: les scènes sont filmées dans le lieu même où la vidéo est projetée. Utilisant le même cadrage, l’échelle est respectée et l’image du lieu se superpose au lieu lui-même. Les images vidéos des personnages, éclairés par flashs intermittents lors du tournage, sont très furtives. De ce fait, elles s’impriment sur la rétine à la manière d’une image subliminale. Cet effet, additionné au respect d’échelle, crée l’illusion d’un personnage en volume. Cette installation s’adapte au lieu et chaque nouvelle mise en place nécessite la création d’un contenu scénaristique correspondant à l’histoire et à la nature du lieu. Le festival pour lequel l’installation a été crée eut lieu dans une ancienne usine, dont l’activité était le recyclage du feutre, et qui était transformée pour l’occasion en lieu d’exposition. L’installation mettait alors en scène les fantômes d’ouvriers revenus sur leur lieu de travail pour se ré-approprier les outils et travailler la “matière lumière”, source de l’image vidéo qui les constitue. Les spectateurs entraient deux par deux dans une petite cabane, construite pour l’occasion et entièrement tapissée de feutre. A l’intérieur, un trou rectangulaire dans le mur donnait dans la salle voisine, non rénovée, et particulièrement sombre. Une forte odeur d’humidité s’en dégageait. Le spectateur s’asseyait sur un banc et mettait une paire d’écouteurs. La vidéo projetée dans la salle était diffusée en boucle et durait 10 minutes.

This festival took place in an old papermill that stopped its activities in the late 90’s. In this installation, spectators enter a small dark house, built against a wall separating two different rooms, and serving as a viewing booth. What they see, after getting used to the darkness is pretty hard to describe at first: strobes of lights illuminating the space where the movie is projected. After getting used to the space and with better attention, spectators can see human figures moving in the room. They are images but seem almost real, three dimensional, evolving in the space like humans but appearing like ghosts.They give a strange sensation. They are using tools and carrying strange illuminated objects. They seem to be old workers of the mill, brought back to life and back to work. The way the characters were recorded and projected inside the space, make them appear in between moving images and still images. Two people maximum can seat in the booth and watch the film at the same time; two headphones display the soundtrack of the video. Doing this installation in a different place would mean to create a different setting and above all, a different movie with a scenario that relates to the place.